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 [flashback] it's a hell of a feeling though | ft. sage

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- One Winged Angel -
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- One Winged Angel -
☾. Âge : Quarante-et-un hivers se sont écoulés pour toi, et tu ne comptes plus le nombre d'années passées sur les routes.
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MessageLun 25 Juin - 18:01





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Brouhaha incessant qui résonne tel un écho, tu glisses tes doigts dans tes cheveux ébène. Tes ailes tremblent légèrement, mais elles sont davantage occupées à te couvrir telle une faible chrysalide. Tu es recroquevillé sur toi-même ; tu attends ta prochaine sentence. Le combat précédent fût un échec. Sur tes doigts, tes joues, tes mains, les seules parties visibles de ton corps qui cachent l’entendu de la casse sur ta peau demeurent encore les ecchymoses et les coupures. Toi qui pensais avoir un petit temps de répit, toi qui espérais le luxe d’avoir droit à un peu de récupération, ce n’est pas le cas. Seuls dix minutes t’ont été accordées, et tu les as écoulés en essayant de te ressaisir. Si tu voulais sortir d’ici, tu devais y mettre du tiens. Tu dois frapper aussi fort que tes adversaires, tu ne dois pas avoir pitié d’eux. Car ils n’en auront aucune. Tu souffles, extériorisant tes craintes et ton stress. Puis tu relèves la tête en direction de ton geôlier. Allez, retournes te faire plumer t’ordonne-t-il non sans cacher une pointe de sarcasme et tu te contentes de lui jeter un regard mélangeant crainte et colère. Il se croit drôle en plus, c’est ce qui est terrible. Un jour, c’est lui que tu plumeras et tu ne ménageras pas tes menaces comme il ne ménage pas ses bousculades pour t’aider à avancer. Tu traverses le couloir des cages vides, tu es le dernier. C’est ce qui te frustre encore plus, tu es le seul qui n’a pas réussi à se sortir d’ici alors que tes précédents voisins sont déjà dans la foule que tu entends hurler au rez-de-chaussée. Tu quittes le sous-sol sombre par l’unique escalier permettant l’accès. La lumière t’éblouie brièvement, les cris t’abrutissent et l’odeur de sueur, de fer, d’alcool et de cigarette t’empêche de penser. Tu as quoi, vingt-cinq ? Vingt-six ans ? Alors quoi de plus normal de t’agiter lorsque tu vois des personnes plus jeunes que toi, voir tout juste adolescente, te regarder te faire massacrer pour le plaisir des yeux. Ça te dégoute, tu t’agites et en échos, tes ailes font de même, claquant les jambes et le torse de ton guide. Il s’agace, il fulmine, tu le sens dans sa poigne qui cherche à te jeter dans l’arène circulaire. Il galère entre la porte et toi qui tente de t’envoler. Tu prends même appuie avec tes jambes sur le pourtour de l’entrer pour ne pas y aller. Il te donne un coup de pied dans ta cheville gauche, réussissant à te faire perdre appuie et à te jeter là-dedans. Sa précipitation pour refermer la porte derrière toi se fait entendre, mais tu as l’habitude maintenant, tu ne cherches plus à te retourner pour tenter de le prendre court. Tu as déjà essayé, tu n’as jamais réussi. Tu vois le public quadrillé dans ce qu’ils avaient installé spécialement pour toi, trop d’amabilité. Un dôme de chaine, de mailles, qui tintinnabulent au rythme des coups du public euphorique. Tu te contentes de te relever, de secouer ton plumage nuit et toi-même pour y retirer poussière et autre saleté par tic. Tes yeux verdâtres rougis sondent tous ces mages qui se trouvent là. Tu reconnais certain de tes anciens voisins, et tu as le cœur qui se sert. Ils ont changé, ils sont devenus bestiales et tu espères sincèrement ne pas devenir comme ces derniers. Tu ne retiens pas tes quelques ronchonnements, et tu sors derechef ton équipement qui n’a même pas été nettoyé du précédent combat. Tu attends. Tu attends ton adversaire, et tu ne manques pas d’hausser les sourcils en le voyant arriver. C’est une blague ? Tu tournes la tête en direction de l’arbitre, tu sembles lui faire signe du regard qu’il serait gentil de t’apporter quelques éclaircissements. Qu’est-ce que tu es censé faire de ce gars qu’à pas l’air d’avoir un pet de travers, hormis à ses esprits pour être venir se perdre ici. Néanmoins, tu as vite appris ici que tu ne devais pas te fier aux apparences. Aussi, tu armes ton arc et tu bandes sa corde avec une flèche prête à être décochée. Tu es sur tes gardes, tu ne sais pas qui il est, et tu n’as pas envie de savoir. Si le vaincre est le seul moyen pour toi de sortir de cet Enfers, tu perforeras sans hésité sa petite bouille pour. Enfin, tu essayes du moins de t’en convaincre, car c’est souvent sur ce point que tu te fais avoir ; tu n’as jamais eu le courage d’achever tes adversaires, et cela s’est toujours retourner contre toi jusqu’ici. Tu penches un peu la tête sur le côté pour le dévisager sans être gêné par ton arc pour t’adresser à lui. « Могу ли я узнать, что такое ваше имя ?* » Tu parles dans ta langue natale comme s’il était capable de comprendre un mot de ce que tu racontes. A force, tu n’y prêtes plus attention. Soit ils te répondent car ils arrivent à peu près à comprendre ce que tu demandes, soit ils ne prennent pas la peine de le faire.

* Je peux savoir comment tu t'appelles ?

Vologda - Russie ; 15 ans auparavant

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MessageMar 26 Juin - 0:07

Hell of a Feeling
Sergueï & Sage

« I thought of angels choking on their halos, get them drunk on rose water, see how dirty I can get them, pulling out their fragile teeth and clip their tiny wings  »
Combien de temps s'était écoulé ? Un an, deux ? Elle était partie, prenant sa vie en otage, et depuis tout n'était qu'une succession d’événement sans début ni fin. Flashback. Alcool. Flashback. Colère. Flashback. Sang. Flashback. Réalité ? Il ouvrit les yeux, plongé dans le noir. Confus il tâtonna les murs, se relevant. Une migraine de l'enfer martelait ses tempes. Sage sentit la poussière glisser sur son épaule, il releva le nez, le plafond vibrait. Il entendait des bottes tambouriner l'étage au dessus. Ses oreilles tiquèrent, reconnaissant les éclats de rire d'une foule mélangés aux cliquetis métalliques d'armes et de chaînes. Mais où était-il ? Sa mémoire n'était pas des plus efficientes ces derniers temps. Le jeune homme passa une main lasse dans ses cheveux, chaque chose en son temps. Il prit le temps d’épousseter ses vêtements, réajustant son manteau noir et laçant correctement ses rangers éraflées. Fidèle au gars soigneux qu'il était. Puis il se redressa, ses yeux y voyaient plus clair désormais. Le mage s'approcha de la sortie, ses avant-bras se glissant à travers les barreaux de sa cage, il balaya son regard glacial sur la pièce. Il retroussa ses lèvres de dégoût, ce sous-sol exhalait des relents infects de sang mélangé à la poussière. Il crut être seul, jusqu'à ce que son geôlier émerge de l'ombre. Un fin sourire mutin se traça sur ses lèvres, « Tu me sors de là ? » argua t-il le ton léger. Son interlocuteur roula un rire rauque. « Вы скоро выйдете. * » Sage plissa les yeux, tâchant de se souvenir de ce qu'il était venu fabriquer en Russie. Rien à faire, sa mémoire ne s'était pas réveillée avec lui. Sans ciller, il joint ses mains. Il attendait, curieux de voir la suite des évènements. Poursuivant son inspection des lieux, son regard s'arrêta sur une table sur laquelle reposaient toutes sortes de lames, certaines rougies de sang, d'autre de sueur, d'autres rouillées. Il plissa les sourcils. Torture ? Dans son dos, ses quatre vecteurs se déployèrent lentement, serpentant contre les pans de son ample manteau. S'est ainsi qu'il se rendit compte que deux d'entre eux étaient salement amochés, le sang séché craquelait sur la surface de ses appendices bordeaux, et il n'était capable de les mouvoir qu'au prix d'une grimace de douleur. Agacé, il les rétracta dans le bas de son dos. Outre ces vecteurs, tout allait bien, rien de cassé, un bleu par-ci par-là. Que s'était-il passé hier soir ? Il pouvait mettre sa main au feu que l'histoire avait commencée dans un bar et s'était sans doute terminée dans une perte de contrôle comme il les connaissait si bien. « Вы не выглядите напряженными. »** grinça le geôlier. Il arqua un sourcil, haussant les épaules légèrement. En effet. C'était peut être un des avantages qu'il trouvait à errer sans but sur le chemin de son existence, si ce n'était faire chier les passants. Pour être honnête, Sage se laissait porter, il n'avait aucune idée de ce qu'on attendait de lui, de ce qu'il fabriquait là, de ce qu'il s'était passé; mais il l'attendait de pied ferme. Il avait de la rage à évacuer.

Vint alors le moment de piocher dans les armes. Plongeant sa main dans le tas, il en sortit deux karambit, à vrai dire le seul type de lame qu'il savait manier. Le geôlier le dirigea vers la sortie, il entendit les cris de la foule s'amplifier un peu plus encore. Sage présenta ses mains enchaînées, affichant un sourire insolent. Il avait compris. Et ça le rendait follement heureux. Miwhayl laissa son manteau à l'entrée, et pénétra dans l'arène.

Son regard balaya le ciel enchaîné, survola la foule enragée, et glissa sur le sable ensanglanté. Il se retourna et observa le jeune homme qu'on faisait entrer de force. Son corps vibrait s'excitation, son cœur s'accélérait, son sang bouillait dans ses veines. Ce sentiment de haine de de rage qu'il avait désespérément besoin d'évacuer vint le tourmenter à nouveau. « Могу ли я узнать, что такое ваше имя ? » L'interrogea son opposant, le pointant d'une flèche. Son regard glissa sur les ailes de nuit ornant son dos. « Sage » répondit-il en dégainant ses couteaux recourbés. « кто ты ?*** » Les vecteurs se déployèrent, rouge éclatant. Électrisé, il s'arma d'un sourire et d'un karambit devant lui. Sauvage et violent, Sage et ses quatre vecteurs se lancèrent sur lui.      


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« Tu sortiras bien assez tôt. » *  
« Tu n'as pas l'air stressé. » **
« Qui es-tu ? »***

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MessageMar 26 Juin - 12:04





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Tu ne veux pas te battre. Tu ne l’as jamais voulu. Mais depuis que tu étais ici, on t’y contraignait. Tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, si bien que ton odorat était maintenant imprégné de toutes les odeurs présentes. Tu ne te souviens pas de l’odeur de la cannelle, de l’herbe coupé ou même d’un joint fumant. De ces parfums doux. Tu n’as que la sueur, l’alcool et le sang, tu as même l’impression qu’elles ont imprégné tes vêtements. Cela te motive d’une certaine manière, et c’est pour cette raison que tu te tiens face à son adversaire. Sage. Tu rigolerais presque face au paradoxe entre le lieu et le nom. Cependant, tu avais la décence de ne pas le faire remarquer. Tout simplement parce que tu avais d’autre priorité en tête, à commencer par esquiver ces espèces de tentacules rougeâtre qui foncent vers toi pour te perforer. Ce n’est pas juste, il a six bras, tu n’en as que deux. Tu le vois approcher, et tes ailes battent violemment dans ton dos, te faisant reculer en soulevant le sable. L’as-tu fait exprès de placer ce voile de poussière pour l’aveugler ? Ce n’est pas ton plan premier, mais cela entrait en ligne de compte. « Сергей* » lui répondis-tu alors qu’il ne t’avait pas laissé l’occasion d’éclaircir ce point. Maintenant que c’était fait, tu pouvais non sans mal attaquer les choses sérieuses. Tu faisais de ton mieux, mais tu es désavantagé. Gauche, droite, gauche, avant, arrière, tu ne cherches pas à l’approcher contrairement à lui car tu es bien plus efficace à distance. C’est pour cette raison que tu souhaites à les préserver. Tu utilises le sable en guise de couverture, tu cherches à brouiller sa vue pour avoir quelques coups en moins à esquiver. Ses vecteurs te donnent du fil à retordre et t’obliges à bouger. Ce qui ne t’arrange pas, car tu as besoin de rester en place un minimum pour riposter et tirer. Tu n’as pas le choix, tu allais devoir faire quelque concession. La fatigue de tes précédents combats joue aussi à son avantage, alors tu ne voulais pas faire trainer cela en longueur sous risque de perdre une nouvelle fois. Tu arrêtes de bouger, et tu décoches une première flèche qui ne touche pas ton adversaire. Si ces vecteurs lui servent à attaquer, tu supposes qu’ils peuvent également servir à le protéger. Heureusement, la première était faite pour cela. Car dans son ombre, tu en avais tiré une seconde qui vint frôler sa joue. Tu éprouves alors une certaine satisfaction, quelques secondes qui ont permis à une de ses appendices écarlates de venir déchirer ton épaule. Tu te mords la lèvre pour retenir un cri de douleur. Tu t’y attendais, tu étais resté trop longtemps immobile alors la moindre des choses, c’est de ne pas s’en plaindre. Empoignant l’une de tes flèches tel un poignard, tu le repousses. Aussitôt, ton plumage se remet à battre. Ton chemin est tracé par les gouttelettes coquelicot saupoudrées des plumes noires qui sont tombées. Tu décolles tes pieds du sol, tu bas tes ailes encore et encore jusqu’à ce que le sable de l’arène envahissent totalement l’air de l’arène. Tu t’handicapes par la même occasion, réduisant aussi ton champ de vision doit-il se dire, mais les lunettes noires que tu portes autour du cou ne sont pas anodines et tu les enfiles pour protéger ton acuité. Tu aurais dû les enfiler dès que cela avait commencé pour rendre la lumière moins agressive, mais tu n’as pas eu le temps. Tu attrapes une flèche, tu la tires et t’enchaines. Encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne t’en reste plus qu’une en main. Tu voltiges, tu cabrioles, et le bruit des chaînes du dôme qui vous entoure est le seul indice de ta présence. Comme tu es limité en matière de munition, tu les récupères pour ravitailler le carquois à ta ceinture. Et tu recommences à le mitrailler, cela pendant au moins deux-trois fois. Ton épaule te tire, tu es contraint de ralentir la cadence alors tu atterris pour te reprendre ton souffle. « Я не могу больше этого терпеть…** » Murmures-tu plus pour toi que pour lui. Non ! Tu dois continuer ! Tu dois bouger ! Tu ne peux pas te permettre de rester immobile, tu dois assurer ta défense. Le public hurle de joie, de colère, d’euphorie, sans doute ravi du spectacle que vous étiez en train de réaliser pour leurs yeux souillés par la violence. Tu relèves le menton, tu esquives de justesse un nouvel assaut de sa part. Mais ton dos se plaque contre les limites froides de l’arène, te rappelant que tu n’avais pas l’espace nécessaire. Tu mets tes bras en croix devant toi, faible protection que voici et tu encaisses. Tu encaisses jusqu’à ce qu’il y ait une ouverture. Autant dire qu’une fois qu’elle s’est présentée, tu n’as pas mis longtemps à la saisir, te jetant sur le côté pour reprendre tes distances de sécurité.

* Sergueï
** Je n'en peux plus...


Vologda - Russie ; 15 ans auparavant

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MessageMer 27 Juin - 7:19

Hell of a Feeling
Sergueï & Sage

« I thought of angels choking on their halos, get them drunk on rose water, see how dirty I can get them, pulling out their fragile teeth and clip their tiny wings  »
Des années plus tard, lorsqu'il y pensera, Sage jugera les acclamations de la foule comme de cruelles et misérables ovations. Il haïra ces arènes et tremblera de rage dirigée contre les animateurs d'un tel carnage. Se promettra de faire disparaître ce genre de pratique et s'attellera au travail le coeur consumé par l'animosité et la culpabilité. De temps en temps, assez souvent, il pensera à ce mage ailé qu'il avait rencontré, dans l'endroit le plus répugnant de Russie. Il se souviendra de son corps décharné, coupé et blessé. Non, il n'aura pas oublié grand-chose de ce qu'il s'était passé ce jour-là. Aujourd'hui, néanmoins, il incarnait un tout autre personnage.

Animal et irréfléchi, ce fut Sage qui mena l'offensive alors que Sergueï maintenait une distance le permettant d'user ses flèches. On pouvait reconnaître l'expérience que s'était forgé le mage ailé se mouvant habilement entre ses vecteurs. Sage était bien trop impulsif pour la jouer fine, il ne cherchait qu'à se défouler et à laisser s'exprimer cette rage en lui qui le tourmentait depuis maintenant deux ans. Alors il y allait, sans compter l'énergie dépensée, sans même prêter oreille aux rugissements de la foule galvanisée par leur combat. Avec force et vitesse, ses vecteurs frappaient avec force alors qu'il tentait de forcer le chemin, avec la ferme attention de plonger l'un de ces couteaux karambit dans son cou. Mais Sergueï était vigilant et ne lui laissait pas l'occasion de s'approcher de trop près, il usa du sable pour l'aveugler. Détournant le regard et reculant d'un pas, Sage se couvrit les yeux d'un avant-bras. Quelle enflure. Ses vecteurs battaient devant lui de manière totalement aléatoire, là où ils supposaient le trouver. Par chance l'un de ses appendices claqua une flèche avant que cette dernière ne put l'atteindre. Il devait se débarrasser de cet arc, aussi ses coups se concentrèrent vers la provenance du projectile. Soudainement, une flèche vint lui érafler la joue, surpris Sage fit volte-face. Ce Sergueï était agile, et sacrément rapide. Il avait sans aucun doute plus de sang froid que lui, lui qui s'était totalement déchaîné comme une bête enragée lâchée dans l'arène. Il donnait au public ce qu'il voulait voir, et ce avec plaisir. C'était avec un sourire carnassier qu'il porta l'un de ses vecteurs violemment contre l'épaule de l'ange. Pour être précis il devait ralentir l'allure, ça lui laissait une ouverture pour frapper. Son vecteur se dégagea brusquement de son épaule lorsqu'une flèche vint le transpercer en retour. Sage passa un revers de manche sur sa joue superficiellement balafrée. Puis il le pointa de sa dague, « Ваши крылья только там, чтобы украсить? » Il eut sa réponse bien assez tôt lorsque le jeune homme prit son envol dans un nuage de sable. Le nuage se fit plus dense encore. Les vecteurs de Sage vinrent se replier au tour de lui, le sable lui brûlait les yeux, encombrait ses poumons, s'infiltrait partout où il pouvait trouver le moyen de gêner le mage. Il raffermit sa prise sur ses poignards lorsqu'il entendit siffler les flèches. Il se mordit la lèvre à l'en faire saigner lorsque le dard de l'une d'entre elle vint lui déchirer le flanc droit, s'efforçant de ne pas indiquer d'information sur sa position à son opposant qui devait tirer à l'aveugle. Mais il ne put retenir le cri de douleur qui déchira ses cordes vocales alors qu'une flèche vint lui transpercer la cuisse. Ce gémissement rauque se muta en un rugissement féroce alors qu'il se ressaisissait. Il allait lui faire la peau.

Sage se jeta sur le mur de l'arène, ses vecteurs se déployant comme des lianes autour des chaînes du dôme. Comme une araignée, il escalada la toile, se dirigeant vers le satané piaf. Ses blessures le ralentissaient cruellement, mais la rage de vaincre était là, le jeune homme n'en démordait pas. Il lui suffit d'apercevoir une partie de son aile, pour qu'il se jette sur lui. Maître dans les airs, Sergueï esquiva et les mains de Sage vinrent s'agripper au filet de chaînes. Il tordit le cou pour tenter de discerner l'oiseau qui s'était déjà fondu dans la tempête de sable. Ses vecteurs le portèrent au sommet du dôme et de nouveau, il fondit sur son opposant, bien décidé à le faire redescendre. Ils s'épuisèrent ainsi tous les deux, Sage sautant de part et d'autre, Sergueï esquivant et l'assaillant de flèches. L'avantage fut à celui qui avait le plus de réserve d'énergie, ce qui s'avéra être nul autre que ce mage fraîchement apparu d'Angleterre. A l'instant même où Sergueï laissa apparaître un moment de fatigue, Sage lança son offensive. Il était désormais dos au mur, à sa merci. Sage ne se fit pas prier. Il frappa fort, sans pitié, sans scrupules. Il frappa jusqu'à ce que sa haine disparaisse, jusqu'à ce que sa rage s'épuise et jusqu'à ce que sa peine s'estompe. La thérapie la plus furieuse... la catharsis la plus sauvage.

Il pensait en avoir fini lorsqu'il exécuta deux pas en arrière, assommé par les douleurs qui lancinaient son corps. Ses sourcils s'arquèrent de surprise en observant le jeune homme qui se téléportait à bonne distance de lui. Une main posée sur son flanc sanguinolent et l'autre au-dessus de sa cuisse blessée, Sage considérait son opposant, comme si après s'être défoulé il se rendait compte qu'il se battait contre une réelle personne. « Combien de temps ça fait que tu te bats ici ? » lui lança t-il entre deux souffles. Et comment avait-il fait pour y atterrir ? Inspirant profondément, Sage replia deux de ses vecteurs salement amochés afin d'optimiser les douleurs. Après cette euphorie, il sentait venir la fatigue, tout son corps criait de souffrance. Il grimaça de douleur, revalant un gémissement. Serrant les dents, Sage ramassa ses poignards, « Désolé, rien de personnel, mais j'ai pas l'intention de rester coincé là. »

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« Elles sont là juste pour décorer tes ailes ? » *
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MessageMer 27 Juin - 10:38





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Tu sens de nouvelles ecchymoses fleurir sur ton corps au fur et à mesure de ses coups furieux. Tu geins, tu souffres, tu fais de ton mieux pour tenir et ne pas lui donner la satisfaction de t’affaiblir. Tes plumes ébène se perdent sur le sable, s’accrochent dans le grillage et tu laisses les plus petites sur ce dernier. Tant pis, tu n’es plus à ça près. Tu réagis vite pour ne pas être achevé, acculé dans ton coin sous les applaudissements de la foule. Ils hurlent de joie, les plus près te crient dans les oreilles et tu peux sentir leurs souffles et leurs haleines dégoûtantes sur ta joue. Crèves, crèves disent-ils, mais tu t’efforces de ne pas les écouter. Tu serais prêt à renoncer pour retourner à l’abri dans l’ombre, et c’est cette lâcheté qui t’a sauvé la mise jusqu’ici. Tu en as honte, mais l’idée d’abandonner te traverse de plus en plus l’esprit tant ton épaule, tes bleues, ton sang, ta fatigue te rappellent que tu es à bout. Que c’est le cinquième aujourd’hui,  et que s’il ne t’aura pas aux coups, il t’aura à l’épuisement. Tu te glisses, tu te dérobes et ton adversaire semble s’être calmé. Tu te tiens l’épaule, tes genoux tremblent, tu es sur le point de tomber et pourtant, il te parle. Des mots que tu ne comprends pas, d’où ta mine interloquée. Tu ne parles pas l’anglais, tu ne parles que le russe. Tu peux seulement te fier à l’expression de son visage, il a l’air tout aussi interrogé que toi. Ou bien serait-ce … de la pitié ? Ton sang ne fait qu’un tour à cette pensée. Il serait peut-être temps de se poser la question, non ? Et pour la première fois depuis le début, c’est la colère qui illumine ton regard. Tes ailes frémissent sous cette rageante frustration, elles se déploient, elles prennent une bonne largeur de l’arène et elles balayent le rideau de sable pour dégager l’air. Tant pis si c’est le public qui prend, cela étouffera leurs rires pendant quelques minutes au moins. Suffisant pour que tu puisses te concentrer, comme si tu comptais le laisser gagner. Il est ton passe vers la liberté, ton issue de secours, tu ne voulais pas laisser passer une telle occasion. Quelque part, il t’a motivé et tu es près pour un second tour. Tu déchires le bas de ton tee-shirt, dévoilant ainsi un bout des plaies de tes précédents combat sans y faire attention et tu bandes ton épaule pour ralentir au moins le saignement. Tu forces tes genoux à te porter, tu saisis une flèche, tend la main en direction de ton geôlier qui semble ravis de voir que tu t’es motivé. Il te lance ton fouet, et tu le rattrapes. Aussitôt, tu le fais claquer sur le sol, le bout venant frôler les pieds de ton adversaire. Tu plonges dans une frénésie qui te conduira à la défaite, Sergueï. Tu te laisses emporter par ta rage de vaincre, et tu recommences. Tu t’envoles de nouveau, tes ailes dégageant une puissance et une détermination certaine, presque autant que ses vecteurs un peu plus tôt à une différence près, c’est que tu étais blessé et fatigué. Alors, ça allait être de courte durée. Il semble comprendre, puisqu’il ramasse ses poignards, prononçant encore des mots que tu ne comprends pas. Tu t’en fiches, ce sont les gestes qui t’intéressent. En l’occurrence, le fait qu’il souhaite continuer malgré son état aussi déplorable que le tien. Cela a le mérite de vous avoir mis sur un pied d’égalité au moins. Tu lèves le bras et tel un chef d’orchestre, tu diriges ton fouet en sa direction. Derechef, le filet de cuir vient attraper son poignet et tu le tires vers toi avec franchise. Aider de tes ailes, tu approches vites, aussi vite que tu l’as fait basculé en avant et tu viens cogner dans sa plaie sanguinolente avec un coup de pieds et dans l’élan, ton genoux vient claquer sa mâchoire. Tu fais attention néanmoins à ses vecteurs, moins que tout à l’heure, puisque tu as choisi de profiter de ton élan pour te rapprocher et lui rendre ses coups. Tu prends appuies sur tes mains, tu cabrioles une nouvelle fois en arrière et ton plumage t’aide à aller plus vite dans cette reprise de distance. Tu remues un peu le manche de ton fouet pour le détacher de son poignet, et tu le lances de nouveau à la charge, cette fois-ci à sa cheville pour le faire tomber en arrière. Tu profites de cet état déstabilisé pour l’attaquer par les airs, en piqué droit vers lui. Tu n’as qu’une idée en tête, lui perforer la gorge avec ta flèche. Mais voilà, tu étais tellement plongé dans cet état de colère que tu as été accueilli par un de ces vecteurs. Tu arrives à limiter la casse en te décalant, mais le deuxième vient te perforer et c’est toi qui t’écroule sur le sol. Cette fois-ci la hanche, pas d’organe vitale de toucher heureusement, mais suffisant grave pour te faire gémir de douleur. Tu as roulé sur le sable deux-trois fois, et te voilà caché sous la masse de plume noir qui sertit ton dos. La souffrance t’oblige à remettre les pieds sur terre, notamment à calmer ta colère et tu peines à te relever. Tu n’es même pas sûr de le vouloir avoir du recul, c’est pour ça que ta carcasse ne fait que se mouvoir faiblement sous cet amas duveteux et sombre. Seul contraste, ce rouge qui se déverse, cette rivière carmine qui gît de ta dépouille et qui colore le sable d’une teinte neuve. Sous ce spectacle, c’est l’ovation de la foule, et ton chagrin est immense. Tu souffles un murmure : « Я тоже, я не хотел застрять ...* ». C’est sûr que sept ans dans ce trou, tu dois trouver le temps long maintenant. Ce que tu ne comprends pas c’est : quel crime as-tu commis pour mériter une telle prison ? Aucuns. Et c’est là que la frustration est grande. Ce sont tes parents qui devraient être dans cette arène, pas toi. Foutue justice aveugle, tu les maudis et malgré tout, tu espères qu’ils ne soient pas dans le public pour te regarder. Car ils seraient bien capables de rire autant que le vôtre riait.

* Moi aussi, je ne voulais pas rester coincé...

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MessageDim 1 Juil - 9:17

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Sergueï & Sage

« I thought of angels choking on their halos, get them drunk on rose water, see how dirty I can get them, pulling out their fragile teeth and clip their tiny wings  »
Au moment même où un sentiment de pitié vint pointer la conscience de Sage, les pupilles de l'ange s'embrasèrent de colère. Le français y lut frustration et rage de vaincre, Sergueï s'accrochait à la victoire. Il se couvrit les yeux alors qu'il faisait monter le sable à nouveau et le laissa panser ses blessures. L'imitant, Sage banda sa cuisse et son flanc à vifs, il ne saignait pas à flot mais le sable brûlait salement et gênait ses mouvements. Zaïtsev se redressa et lui fit face, fin prêt pour un second rodéo. Décidément, la Russie en faisait des solides. Il en voulait encore ? Très bien. Il exécuta un bond arrière alors que son opposant faisait claquer son fouet à ses pieds. Sage avait mis au repos deux de ses vecteurs, bien décidé à ne les déployer qu'au moment propice. Il comprenait qu'il devait désormais franchir le pas et y aller au contact avec ses deux karambits. Il y pensait encore lorsque son fouet claqua de nouveau et se referma sur son poignet. Merde. Il le tira violemment à lui, s'appuyant sur l'élan provoqué pour lancer un vicieux coup dans son flanc balafré. Sage étouffa un cri de douleur. Batârd ! Il ne s'arrêta pas là et enfonça le clou alors que Miwhayl tentait désespérément de saisir le moment pour reprendre ses esprits. Sergueï ne s'attarda pas et retourna derrière sa distance de sécurité, vigilant des vecteurs que Sage envoyait vers ses ailes. Ce dernier était fou de rage, ses vecteurs s'étirèrent aussi loin que possible, atteignant leur extrême limite à moins d'une dizaine de centimètres de ses plumes. « Вот и все! Спрячься! Трус! »* Rappelant ses vecteurs à lui, Sage se mit en garde. La minute où Sergueï serait à portée, il s'assurerait lui-même qu'il ne puisse plus jamais se relever. Ce dernier visiblement pris la mouche, car il piqua droit sur lui, déterminé. Comme promis, Sage ne rata pas l'occasion et envoya ses deux vecteurs au commitée d'accueil. Le premier vint salement embrasser son flanc alors que le deuxième fit mouche et vint empaler sa hanche. Un sourire carnassier vint flotter sur ses lèvres alors qu'il observait Sergueï échouer sur le sable, disparaissant sous la masse informe de ses plumes. Miwhayl prit son temps pour traverser l'arène, alors que son ennemi luttait et rassemblait ses forces pour se relever. Il prit son temps, prit tout le temps du monde, l'observant se mouvoir lentement, assommé par la douleur. L'ange noir baignait dans un halo de sang. Un souffle d'ovation enfiévra la foule qui s'adonna à coeur joie, poussant des ovations frénétiques, poussant leur champion à en finir. Sage vint s'accroupir en face de Sergeï. Il considéra son abominable chef- d'oeuvre et le dégoût le rappela à l'ordre. Il était calme. Il réalisait ce qu'il faisait, ce qu'il avait fait. « Извините, верьте или нет. »* murmura t-il. Il se releva, alors que la foule criait à l'outrage. Elle voulait plus, toujours plus. Miwhayl balaya son avis d'une main flegmatique passée dans ses cheveux. La foule peut aller se faire foutre. Il priait pour qu'elle s'étrangle dans ses propres cris. Il jeta un dernier regard à Sergueï Zaïtsev. «Надеюсь, ты однажды выйдешь, если вы выживете ...»***

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* « C'est ça ! Cache-toi ! Lâche ! »
** « Je suis désolé, crois-le ou non. »
*** « Puisses-tu sortir un jour, si tu survis... »

(c) DΛNDELION
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☾. Âge : Quarante-et-un hivers se sont écoulés pour toi, et tu ne comptes plus le nombre d'années passées sur les routes.
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MessageDim 1 Juil - 12:39





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Tu ne sais quoi faire de plus. Tu étais pourtant bien partit, Sergueï, et ce même si tes coups étaient bas, vicieux et dénués de fairplay. Qu’il te pardonne, tu avais appris dans cette arène que l’honnêteté ne payait pas, et que tous les coups étaient permis pour arriver à ses fins. Tu l’avais entendu crier un florilège d’insulte, saupoudré d’une haine certaine à cause de la bassesse de tes coups. Pour autant, tu avais eu la décence de ne pas sourire, car ce n’était pas dans tes habitudes de te délecter de la souffrance des autres. Très peu fervent de ce genre de pratique, tu t’en voudrais presque d’en avoir eu recours, mais plus tard. Car pour l’instant, tu étais bien trop occupé à t’acharner sur lui. A écouter cette rage et cette frustration qui te poussent à baisser ta garde. Tu t’es jeté à corps perdu pour le transpercer, mais avant que la pointe de ta flèche n’ait pu lui crever un œil, c’est toi qui t’es retrouvé empaler. Pas par le premier vecteur que tu as su éviter, mais par son second qui te laissera sans aucun doute une trace pour le restant de tes jours. Ton souffle s’est coupé à cet instant, tes yeux se sont écarquillés face à ce dur retour à la réalité, et ton élan a servi finalement pour t’écraser lourdement au sol. Respire, respire, protège-toi. Tu te coach tout seul dans ton esprit pour surmonter la douleur, mais tu as du mal. Instinctivement, tes ailes se replient sur toi et tes mains n’osent même pas toucher cette plaie béante qui en dégouterait plus d’un. Tu l’entends qui se rapproche dans ta confusion, et aussi tranquille son ses pas, ton esprit sonné par la douleur ne peut s’empêcher de les amplifier au point de les rendre lourds, terrifiants et annonciateur d’une mauvaise nouvelle. Tu ne veux pas mourir. Tu es aussi un être humain, et tu connais les règles. Tu as vu ce dont il était capable, ce qu’ils sont tous capables une fois qu’ils entrent dans cette cage. Mais celui-ci avait été plus violent que les autres. Ce n’était pas la première fois que tu voyais ton propre sang coulé sur le sable, mais c’est la première fois que tu le vois aussi abondant. Tu ressembles à une de ces bêtes blessés, épuisées qui n’attendent qu’une chose, leur entrée à l’abattoir pour qu’on les finisse. Non, tu n’as pas envie de mourir, cela doit être pour ça que tu trembles. Tu n’arrives même pas à trouver la force pour te relever, tu peux juste écouter. Cela te permet de garder ta connaissance, de te concentrer sur autre chose que sur ses allumés qui demandent ta mise à mort. Allumé, oui, c’est le mot juste. Tu es coincé dans un monde de fou, où il est coutume de demander l’exécution. Comme si ces gens-là étaient coincés au Moyen-Âge, comme s’ils se croyaient libre de choisir le droit de vie d’autrui. Il s’excuse, et tu ne sembles pas les écouter. Parce qu’il y a de la rancune qui brouille tes pensées et qui t’empêche d’accepter pleinement son pardon. Tu ne dis rien, tu ne veux pas lui adresser un seul mot. Tu te contentes de lui lancer un « уходи* » faible, à peine audible. Si tu survis, si tu arrives à sortir d’ici, tu feras sans doute tout pour ne jamais recroiser son chemin et ainsi, ne pas laisser l’amertume guider une envie de revanche. Tu n’es pas comme eux, tu n’es pas comme ça. Tu sens qu’on te ramasse sans ménagement et tes doigts se crispent. On te cale sur une épaule, sans faire attention à ta plaie et tu grimaces de plus belle. Oui, tu sortiras d’ici. Tu ne veux pas crever dans un tel endroit. Tu voulais voir le monde, alors tu vas t’accrocher pour pouvoir réaliser ce rêve simplet. Ton équipement est resté sur le terrain, enfin si tu peux considérer ce dernier comme tel. Parce que tu n’es sûrement pas le seul à l’utiliser. Tu retournes dans l’ombre, tu retournes dans ta cage sombre, et tu pries pour que cela soit la dernière fois que l’on t’en sorte. Tu dois te débrouiller pour te soigner, ils se fichent de savoir si tu crèves ou non dans cet endroit. Alors tu saisis ta croix orthodoxe, tu la fixes et tu implores une quelconque divinité de te venir en aide. Des larmes coulent sur tes joues, de petit sanglot se font entendre dans le couloir. Ton saphir se met à briller et tu comprends instinctivement que tu peux user de la magie pour guérir le plus gros de tes plaies. C’est décousu, cela manque d’efficacité, mais ça a le mérite d’apaiser ta douleur. Alors qu’un fin filet bleu sortant de ta main est au-dessus de ta hanche, tu lèves la tête vers le plafond, et tu plonges dans tes songes. Sage, était-il réellement désolé ou bien était-ce uniquement pour la forme ? Ce n’est pas vraiment le moment, tes yeux humidifiés se penchent vers le couloir et tu te figes dans un état de panique. Tu as peur qu’on te remette dans l’arène dans ton état. Tu as peur d’être jeté dans la fosse aux lions pour être fini. Tes tremblements reprennent, et tu te recroquevilles dans tes ailes avec l’espoir enfantin que cela te rende invisible.

* Vas-t'en

Vologda - Russie ; 15 ans auparavant

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